L'amour loin des étoiles

20 août 2021

Tout entière

Le Démon, dans ma chambre haute,
Ce matin est venu me voir,
Et, tâchant à me prendre en faute,
Me dit : " Je voudrais bien savoir,

Parmi toutes les belles choses
Dont est fait son enchantement,
Parmi les objets noirs ou roses
Qui composent son corps charmant,

Quel est le plus doux. " - Ô mon âme !
Tu répondis à l'Abhorré :
" Puisqu'en Elle tout est dictame,
Rien ne peut être préféré.

Lorsque tout me ravit, j'ignore
Si quelque chose me séduit.
Elle éblouit comme l'Aurore
Et console comme la Nuit ;

Et l'harmonie est trop exquise,
Qui gouverne tout son beau corps,
Pour que l'impuissante analyse
En note les nombreux accords.

Ô métamorphose mystique
De tous mes sens fondus en un !
Son haleine fait la musique,
Comme sa voix fait le parfum ! "

 

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, 1821

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Plonger au fond du gouffre

VIII

 

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !

 

Extrait de "le voyage" Charles Baudelaire, Les fleurs du mal 1861

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18 août 2021

Ton écrin

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J’ai mis dans un écrin à la blancheur intense,

Orné de ton prénom tracé en signes noirs,

Mêlant le verbe amer à l’ultime élégance,

Ce que j’ai lu de toi, tout ce que j’ai pu voir.

 

Ton pied gauche blessé, ta main rieuse ouverte,

Un bras droit noir et blanc, de titane percé,

Ta bouche captivante et ses lèvres expertes,

Les vallons de ton corps de dentelle tressés,

 

Ton sein majestueux, girond comme la lune,

Ce que tes yeux ont vu, des hauteurs de la hune,

 

Ta volonté de fer, ta santé de coton,

La sensualité de ton imaginaire,

Ton destin amoureux : roman ferroviaire,

Bienveillance sans fin, ton bonheur à tâtons.

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Roxane

Sans titre

Cyrano se confie à son ami Le Bret.

- J'aime.

    Le Bret

                - Et peut-on savoir ? Tu ne m'as jamais dit ? ...

    Cyrano
- Qui j'aime ? ... Réfléchis, voyons. Il m'interdit
Le rêve d'être aimé même par une laide,
Ce nez qui d'un quart d'heure en tous lieux me précède ;
Alors, moi, j'aime qui ? ... Mais cela va de soi !
J'aime - mais c'est forcé ! - la plus belle qui soit !

    Le Bret
- La plus belle ? ...

    Cyrano
                               - Tout simplement, qui soit au monde !
La plus brillante, la plus fine. La plus blonde !

    Le Bret
- Eh ! Mon Dieu, quelle est donc cette femme ? ...

    Cyrano
                                                                                    - Un danger
Mortel sans le vouloir, exquis sans y songer,
Un piège de nature, une rose muscade
Dans laquelle l'amour se tient en embuscade !
Qui connaît son sourire a connu le parfait.
Elle fait de la grâce avec rien, elle fait
Tenir tout le divin dans un geste quelconque,
Et tu ne saurais pas, Vénus, monter en conque,
Ni toi, Diane, marcher dans les grands bols fleuris,
Comme elle monte en chaise et marche dans Paris !

    Le Bret
- Sapristi ! Je comprends. C'est clair !

    Cyrano
                                                            - C'est diaphane.

    Le Bret
- Magdeleine Robin, ta cousine ?

Cyrano
                                                        - Oui. Roxane.

    Le Bret
- Eh bien ! Mais c'est au mieux ! Tu l'aimes ? Dis-le-lui !
Tu t'es couvert de gloire à ses yeux aujourd'hui !

    Cyrano
- Regarde-moi, mon cher, et dis quelle espérance
Pourrait bien me laisser cette protubérance !
Oh ! je ne me fais pas d'illusion ! - Parbleu,
Oui, quelquefois, je m'attendris, dans le soir bleu ;
J'entre en quelque jardin où l'heure se parfume ;
Avec mon pauvre grand diable de nez je hume
L'avril, - je suis des yeux, sous un rayon d'argent,
Au bras d'un cavalier, quelque femme, en songeant
Que pour marcher, à petits pas, dans la lune,
Aussi moi j'aimerais au bras en avoir une,
Je m'exalte, j'oublie... et j'aperçois soudain
L'ombre de mon profil sur le mur du jardin !

        Le Bret

- Mon ami !

        Cyrano
                       - Mon ami, j'ai de mauvaises heures !
De me sentir si laid, parfois, tout seul...

        Le Bret
                                                                - Tu pleures ?

    Cyrano
- Ah ! Non, cela, jamais ! Non, ce serait trop laid,
Si le long de ce nez une larme coulait !

 Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac,1897 (acte I, scène 5)

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17 août 2021

. . . À être comme toi

Apprends-moi je t’en prie, toi ma plus belle amie,

À écrire une chose au moins qui ne soit pas

Un ignoble mensonge à la robe fleurie,

Mais sorte comme un cri, en marchant dans tes pas.

 

C’est si nouveau pour moi, une oreille sincère,

A qui parler vraiment en me mettant à nu

Comme toi par moments. Vérité nécessaire

Qui se fout de l’émoi et des mots convenus.

 

Toi qui sais que la vie n’est pas en ligne droite,

Que toutes nos envies, le bonheur qui miroite

Aux lèvres d’un amant sont des trésors sournois,

 

Enduis ton cœur d’un baume et renais de tes drames.

S’il t’en reste un atome, un filet pour mon âme…

Toi si forte souvent, je t’en prie, apprends-moi

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16 août 2021

Tu ne me dois rien

Sans titre

Je ne t'entends pas très bien
il y a si longtemps
d'où m'appelles tu? D'où vient
ce besoin si pressant
de m'écouter soudain?
Les poules auraient-elles des dents?

Ma voix t'a-t-elle manqué
après bientôt un an?
Ce serait une belle journée
et il n'y en a pas tant
je sais me contenter
de petites choses à présent

On enterre ce qui meurt
on garde les bons moments
j'ai eu quelquefois peur
que tu m'oublies vraiment
tu as sur mon humeur
encore des effets gênants

Mais tu ne me dois rien
j'ai eu un mal de chien
à me faire à cette idée
à l'accepter enfin
est-ce qu'au moins tu m'en sais gré?
Chacun poursuit son chemin
avec ce qu'on lui a donné
mais toi tu ne me dois rien

Tu ne m'as pas dérangé
je vis seul pour l'instant
mais je ne suis pas pressé
tu sais, je prend mon temps
tout est si compliqué
tout me parait si différent

On ne refait pas sa vie
on continue seulement
on dort moins bien la nuit
on écoute patiemment
de la maison les bruits
du dehors l'effondrement

Je vais bien cela dit
appelle moi plus souvent
si tu en a envie
si tu as un moment
mais il n'y a rien d'écrit
et rien ne t'y oblige vraiment

Mais tu ne me dois rien
j'ai eu un mal de chien
à me faire à cette idée
à l'accepter enfin
est-ce qu'au moins tu m'en sais gré?
Chacun poursuit son chemin
avec ce qu'on lui a donné
mais toi tu ne me dois rien

 

Philippe Djian / Stephan Eicher

https://youtu.be/c1h54d5R-r4

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15 août 2021

Apprendre à renoncer

Je l'ai fait. Cela semblait impossible au premier

Abord, voire fou ou bien encore suicidaire,

Mais pourtant je l'ai fait :

                                         J’ai osé lui parler.

Il aurait mieux valu persister à me taire,

Apprendre à renoncer, au moins, faire semblant.

La première leçon pour un cœur solitaire

Apprise en un éclair de quelques mots tremblants,

Un transport éconduit dont subsiste un cratère...

 

Leçon pour aujourd’hui, même après quarante ans,

Si dure à accepter, et pourtant salutaire :

Renoncer à tes lèvres et sans faire semblant.

renoncer

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14 août 2021

Nuits de Juillet, première partie

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En souvenir d’une soirée de braises

 

Un an déjà qu’il est parti.

Elle vint rejoindre ses amies du conservatoire de musique pour un déjeuner entre filles, à deux pas du port. Chacune voulut parler de lui, offrir son réconfort, comme dans un séminaire. Cette litanie la rendit si mélancolique qu’elle dut changer d’air et finalement s’en retourna, en fin d’après-midi. Elle prit la route qui longe la mer, une route dangereuse qu’elle appréhende encore. Une heure de trajet, la tête un peu ailleurs, un peu sur les nerfs. Tous ces souvenirs exhumés s’emmêlèrent dans son cœur, d’où perlait une émotion baignée de douleur.

Elle soulagea sa peine une fois arrivée en pleurant un moment. Sans appétit, elle dîna sur le pouce, debout, seule avec son tourment. Dans la soirée de juillet, la canicule se fit plus intense, le temps devint menaçant. Elle prit une douche froide et se mise au lit, fatiguée de tout.

Plongée dans un demi-sommeil, Eve étendue au-dessus les draps, elle eut un frisson quand l’air circula soudain dans la chambre. Dans la pénombre il sortit calmement de la salle de bain, sans un bruit, sans un mot, dans le plus simple appareil. En l’espace d’un petit cri, elle troqua sa mélancolie contre une ancienne connivence. Surprise mais rassurée, elle ferma les yeux en confiance.

Il s’allongea tout près, presque au contact. Elle ressenti d’abord sa chaleur, puis son regard d’une infinie tendresse. Il contempla ses courbes gracieuses, ce trésor d’harmonies généreuses que la nature accorde à quelques privilégiées. Ce joyau dissimulé dernière des vêtements passés ne s’est jamais dévoilé qu’à lui, son infidèle. Elle sait combien il révère son corps, comme il aime en jouer et le faire chanter. Progressivement elle se détend, laisse filer son imagination sensuelle…

Tu soulèves délicatement mon poignet et le porte à tes lèvres. Avec une retenue timide tu l’embrasses, comme tu saluerais devant ton pupitre. J’approuve d’un sourire ta proposition audacieuse, tout est en place, tu peux ouvrir ta symphonie malicieuse.

Tu commences par me frôler longuement le bras, éveiller mes sens, nous accorder l’un l’autre pour jouer juste. Ta main glisse en silence, cajole mon épaule, masse ma nuque, étend sur le lit mes cheveux d’ébène. Elle coulisse hardiment jusqu’au sommet d’une éminence qui se dresse à l’horizon de mon buste. Plusieurs fois elle fait le tour du chemin de crête où ma peau se contracte, puis dessine des lacets de plus en plus grands jusqu’à la plaine.

Tu t’attardes autour de mon nombril que tu affectionnes aussi, épicentre de mes émotions et réservoir à gargouillis. Tu aimes y poser ton oreille en écoutant chanter mon ventre. Je sens ta tête posée là comme celle d’un enfant assagit. Après plusieurs cercles onduleux dessinés sur ce coussin moelleux, tu te se diriges prudemment vers mes jambes. Tu évites, avec beaucoup de soins, le territoire impatient qui réclame ta visite.

Ta main lente effleure l’extérieur de ma cuisse qui frissonne et s’éveille. Tu caresses ma jambe galbée, ma cheville fragile, jusqu’à l’extrémité de mes orteils. Parfois tu prends le temps de masser mes pieds, mais aujourd’hui tu as d’autres projets. Tu remontes vers mon bassin fébrile, cheminant cette fois sur l’intérieur de mes jambes restées immobiles. Ta main contourne à leur sommet ce terrain défendu, que je sens s’impatienter.

Tu prolonges ton étreinte tantrique sur mon autre versant, empruntant à la descente et à la montée, un itinéraire symétrique. Repassant par mon ventre et mes côtes tu te hisses jusqu’au sommet de mon second promontoire, sous-pesant sa masse onctueuse en un geste giratoire. De là tu files jusqu’à mon bras, jusqu’à mes doigts que tu suçotes. Toutes ces caresses font éclore derrière elles des soupirs d’allégresse.

Ta câlinerie érotique se poursuit en répétant ce motif de ton invention. Elle se déploie en cadence, accentue la pression sur ma peau, son allure, l’ardeur des tes intentions. A chaque passage je ne peux m’empêcher d’exhaler un gémissement chromatique. A chaque cycle, je deviens plus sensible et me tends, ma respiration se fait extatique. Mes sommets qui pointent vers le ciel t’attirent inexorablement. Tu les embrasses avec tant de mordant qu’ils se dressent encore et se font plus ardents. Peu à peu mes jambes s’écartent et forment un chenal. Jugeant la voie praticable, ta main s’engage sur cette terre impatiente.

La course de ta main est plus audacieuse, plus sonore, plus intime, parcourant toute la surface frémissante de mon corps. Elle esquive les abords de mes zones érogènes, qui s’enflamment. Sous sa vigueur toute ma peau s’échauffe. Mes gémissements grimpent la gamme. Et puis à l’octave subitement elle se retire. Le silence... Un tremblement réflexe me parcours. Je reprends un peu mes esprits. Fin du premier mouvement. Je connais la partition et tourne lentement la page avec mon index.

Je te sens fixer mon visage. Dorénavant seul ton majeur musicien, t’enseignera ma topographie. Là où il va, tes yeux n’iront pas, il te faut ressentir. Je t’entends baptiser ce satyre, que tu envoies visiter ma digue à marée haute. Premier contact, j’inspire et te laisse un large accès. Ton enchanteur déploie sa chorégraphie tournoyante devant l’entrée, tant et si bien que les battants de l’écluse s’entrouvrent, laissant un filet d’eau s’écouler. Sans aller plus avant, il se faufile entre les plis et les replis soyeux menant au mécanisme d’ouverture, qu’il entend actionner. Après quelques tours de sésame, clic-clac, l’âme se déverrouille. Je pousse un petit cri au déclic et me pâme. Tu sais faire s’épanouir la fleur de madame...

Ce voyageur miniature vient prendre à ma bouche une onction, puis repart à l’aventure. En douceur il découvre la surface lisse, en déplie la structure et se perd dans ses méandres, accroissant mon supplice. Une dernière rasade à tes lèvres avant de pousser les vantaux et de pénétrer dans le sas, dont le lit se déverse à grands flots. J’expulse d’un trait mon impatience trop contenue. L’explorateur envahit tout l’espace du calice qui s’offre à sa vue. Prenant possession des lieux dans une marche alternée, mon héros cherche à amplifier par ses soins appuyés le ruissellement des eaux. Il connaît la mesure et joue désormais sa mélodie tourbillonnante en alternance, du bouton C au contrepoint G, sur une allure lancinante. Ses stimulations voluptueuses composent un crescendo qui m’enivre à saturation.

J’ondule au rythme de tes accords. Le ton de mes plaintes s’élève aussi. Mes grognements se font plus forts. Ton interprète sûr de lui joue son solo frénétique sans fausse note, malgré mes sursauts de plus en plus erratiques. Soudain tu m’embrasses, cherchant à maîtriser mes saccades. Ne relâchant pas ton étreinte, tu passes un bras sous mes épaules qui retient mes incartades. Tu es pleinement en contrôle et tu conduis fermement ton boléro. Tu varies le tempo, tu modules. Les sections du mouvement s’enchaînent et m’acculent toujours plus vers le point de bascule.

Je sens monter la ritournelle... Là ! C’est le final ! Dans un furieux tonnerre, sa puissance déferle par vagues qui me secouent de toutes parts. Je dois stopper ta musique avant qu’elle ne me noie... Son écho vient et puis repart… raisonne en moi, pendant une minute entière.

La marée redescendue, mon dévoué visiteur s’attarde un peu, profitant de ma fièvre et de ses liqueurs. Nous partageons tous les deux une lapée de cet apéritif sucré. Le reflux du plaisir me dépose lentement sur la plage… Je pose un pied à terre. J’émerge doucement... J’ouvre les yeux. Où est-il passé ? Déjà dans la salle de bain ? Il fait noir à présent. J’entends l’orage gronder tout près.

Un éclair et son claquement sec la sortirent brusquement de sa torpeur. Le vent humide s’engouffra dans la chambre et claqua la porte contre le mur. Où est-il ? Tandis qu’elle scrutait son ombre dans le noir, un nouvel éclair illumina les tentures. Elle se redressa et reconnu son visage dans un triptyque, sous le miroir. Un photomaton décoloré, une échographie sertie de blanc, un troisième cadre vide. Son esprit à cet instant s’éveilla entièrement.

Ses doigts palpèrent nerveusement ses cicatrices, comme pour faire connaître la vérité à son cœur incrédule. Dégrisée, elle sanglota un peu, jusqu’à grelotter. La pluie libératrice et l’air frais lui firent refermer la fenêtre. Le voyage était terminé.

Après quelques larmes sèches, elle plongea dans un sommeil serein, en chérissant cette promesse rassurante : « Demain j’irai embellir sa demeure, il aime tellement les fleurs ».

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10 août 2021

A sec, mais à deux !

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Je ne voudrais écrire en un esprit trompeur,

Vous connaissez mon cœur et mon tempérament,

Si j’abdique l’ivresse aux suaves vapeurs

Ce n’est que dans l’espoir d’en jouir plus longtemps !

 

Si l’essence vous manque, si le sens est perdu,

Je creuserai la terre ou bien la mer du nord,

Pour trouver une nappe qui vous remémore

Le sens premier de vos passions éperdues.

 

Car si sans carburant je ne saurais marcher

C’est bien en vain sans vous que j’en pourrais chercher.

Peut-être saurons-nous d’une amitié féconde

Tirer un nouveau sens à nos vies moribondes.

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La rebelle en dentelle

string

La rebelle en dentelle

Tend le fil de son string

Et agace la troupe

De ses collègues autour.

 

Au milieu du cocktail,

Ses mains forcent le ring

Qui enchâsse sa croupe.

 

Il marque le contour

Arrondi de l’autel

Aux plaisirs, qui trépigne

De désir et chaloupe.

 

Balançant ses atours,

Rêvant de bagatelle

Avec lui dans un king

Size, ses ongles coupent

La ficelle à l’entour

De ses hanches Chantelle…

 

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